Hommert a été créé en 1623 par un bail concédé par Philippe Georges, comte de Linange-Dabo, à 5 familles désirant s'installer dans le comté. Les quelques maisons, construites sans doute sur les hauteurs du Muhlkoepfel, furent  détruites pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648). Les premiers documents connus  concernant le village actuel datent du XVIIIe siècle ; à ce moment aucun des noms des 5 premiers colons ne subsiste dans les registres. Les maisons construites à partir de 1700 se sont alignées le long d'un chemin en flanc de coteau, chemin devenu l'actuelle rue principale.

Jean BRISSE, curé de Hommert de 1774 à 1803, écrit dans le registre paroissial :
"La première église de Hommert avait été bâtie en l'an 1721 par 11 bourgeois domiciliés en ce lieu ". Hommert n'avait pas alors de curé résident et c'est l'abbé GERARD, curé de Henridorff, qui avait en charge les quelques habitants de Hommert. Jusqu'en 1738 les communautés de Hommert et de Harreberg faisaient partie de la paroisse de Walscheid puis, à partir de 1738, de celle de Guntzviller. Hommert ne fut érigé en cure qu'en 1771. L'abbé SCHOELLEN, alors administrateur de la communauté de Hommert, devint le premier curé de la jeune paroisse. Il y officia de 1754 à 1774, année de sa mort. Il fut enterré dans l'ancienne église. Cette première église, sans doute construite en bois sur un soubassement en pierres, se révéla rapidement trop exiguë, surtout après l'arrivée des familles de verriers à Harreberg à partir de 1723. En effet, le 9 novembre 1723 Charles Reinhardt, comte de Linange-Dabo, donna à Gaspard GERARD et à Samuel MOSER, deux maîtres verriers de Troisfontaines, l'autorisation de bâtir une verrerie au lieu dit Harreberg. En 1776/77 les bourgeois de Hommert et de Harreberg, en accord avec leur curé Jean BRISSE, décidèrent la construction d'une nouvelle église. Charles Frédéric Guillaume, comte de Dabo, collecteur de la dîme à Hommert, se devait de participer financièrement à cette construction en prenant à charge l'édification du chœur, du clocher et de la sacristie. Le comte ne se montrant pas très pressé pour honorer ses obligations, les habitants de Hommert et de Harreberg firent appel au Conseil Souverain d'Alsace siégeant à Colmar et obtinrent gain de cause.

En avril 1781 l'ancienne église fut démolie et en mai de la même année le curé BRISSE put poser la première pierre du nouvel édifice sur l'emplacement de l'ancien. Le 17 juillet 1781, entre 4h et 17h, fut posée la charpente de la nef, du chœur et de la sacristie.

Le 16 décembre 1781, le 3ème dimanche de l'avent, J.BRISSE eut la joie de bénir cette nouvelle église, l'église actuelle, dédiée à saint Vendelin.



En 1782 eut lieu la première répartition aux enchères des places à l'église. Le résultat se trouve soigneusement répertorié dans le registre paroissial. Les fonds recueillis servirent au paiement de la note de l'entrepreneur STENGLER (ou STRENGLER) de Sarrebourg, maître d'œuvre de la construction. Cette façon de recueillir des fonds pour le paiement, l'entretien et le chauffage de l'église dura jusque dans les années 1960 puis fut supprimée et remplacée par des dons collectés dans des enveloppes distribuées à domicile. Le chœur, le clocher et la sacristie furent érigés aux frais du comte de Dabo.

Dans la suite divers objets furent achetés pour le culte : chasubles, un nouveau calice, des livres liturgiques, un nouveau baldaquin (dais), un manteau pour les offices de funérailles. Les autels latéraux furent réalisés par le menuisier STEIMER de Guntzviller. Le 26 juin 1782 fut accroché, derrière le maître-autel, un tableau représentant saint Vendelin. Ce tableau, commandé par André ALBERT, ancien curé de Walscheid (+1774), fut offert à la paroisse de Hommert par le curé Michel ALBERT, son neveu et successeur.

En 1789 éclata la révolution française. Le curé J.BRISSE resta dans la paroisse jusqu'en 1793 puis il disparut pendant la « Terreur » et revint en septembre 1794 après la chute de Robespierre et un retour au calme relatif sur le plan religieux. Il resta à Hommert jusqu'à sa mort survenue en 1803.

Pendant la « Terreur » (1793-1794) les églises furent fermées et tout culte interdit. En 1793 l'église de Hommert subit les premières spoliations de la part des révolutionnaires. La municipalité, comprenant de fervents partisans des idées nouvelles, fit enlever la croix du clocher et les objets du culte en cuivre, argent ou or ainsi qu'une cloche de 110 livres furent donnés au District de Sarrebourg pour être fondus et transformés en monnaies ou en canons.(D'après « Le patrimoine campanaire de l'arrondissement de Sarrebourg » édité par la SHAL en 2004, p 320/321)

Tout au long du XIXe siècle l'église accompagna les joies et les peines des fidèles de Hommert-Harreberg. En 1816, la paroisse acheta une petite cloche. Elle ne portait pas de nom mais l'effigie de saint Vendelin ; Léonard NEUFSEL était alors curé de la paroisse et Vendelin SENN maire de Hommert. Au début de la 1ère guerre mondiale, lors de la bataille des 18, 19 et 20 août 1914 à Hommert et environs, l'église servit d'hôpital de campagne. Le 20 août un obus fracassa le mur nord-ouest de la nef. Un capitaine médecin entrain d'opérer fut tué et le bâtiment subit de gros dégâts.

En 1917, dans le cadre de la réquisition des cloches pour les fondre et en faire des canons ou des obus, l'église dut céder les deux cloches « Marie » et « Vendelin » acquises en 1842 sous l'abbé Xavier BRITSCH, seule la petite cloche achetée en 1816 resta alors en service. Pour remplacer les cloches réquisitionnées, le curé Isidore SCHOEFFLER fit fondre en 1922 deux cloches : la plus grande (247kg) présente le Christ en croix et la Vierge Marie avec, en latin, l'inscription : "Mon âme glorifie le Seigneur", la moyenne (159 kg) présente également d'un côté  le Christ en croix et la Vierge Marie, de l'autre côté, l'effigie de saint Léon avec, en latin, le texte : "Une voix crie dans le désert : préparez la voie du Seigneur, rendez droit ses sentiers".  En 1935 l'abbé SCHOEFFLER fit fondre une petite cloche (117kg) dédiée à saint Vendelin pour remplacer celle achetée en 1816 qui, fêlée, était devenue inutilisable..

Pendant le ministère de l'abbé DEMESSE (1965-1990) l'église fut soumise à une cure de dépouillement. Les autels furent détruit et remplacés par un autel central en pierre permettant au célébrant d'officier face à l'assistance, le banc de communion fut enlevé, les statues furent sorties de l'église sauf celle de la vierge Marie qui jadis servait aux processions du 15 août, celle aussi de saint Augustin Schoeffler, gardée par respect dû à Isidore Schoeffler, curé à Hommert de 1912 à 1962 ; la statue de saint  Vendelin, patron de la paroisse et celle de sainte Thérése de Lisieux se trouvent placées au fond de l'église. Les stations du chemin de croix furent sorties de leurs cadres en bois et encastrées dans les murs de la nef. La chair à prêcher fut supprimée. Les lustres richement décorés en verreries furent vendus. Le grand tableau de saint Vendelin fut un temps exilé dans les combles du Foyer communal puis remis en place le 11 novembre 1996.

L'église possède un orgue construit très probablement vers 1832 par le facteur d'orgue Verschneider. L'instrument fut plusieurs fois modifié, pas toujours à son avantage. Devenu poussif et capricieux il a été restauré en totalité par Bernard Aubertin à l'initiative de l'abbé DEMESSE. Aubertin en fit un instrument très performant dont l'inauguration eut lieu le 14 novembre 1982.

IRLINGER Antoine